DOSSIER
Le paradoxe d’une Église très active
Une Église peut avoir quelque chose au programme presque chaque jour de la semaine et se demander malgré tout pourquoi elle n’avance pas.
Les cultes du dimanche sont préparés avec soin. Les études bibliques se réunissent. Les ministères des enfants et des jeunes ont besoin de bénévoles. Les comités planifient. Les événements spéciaux remplissent l’agenda. Les gens travaillent beaucoup.
Et pourtant, les mêmes questions reviennent. Pourquoi des visiteurs viennent-ils une ou deux fois puis disparaissent-ils ? Pourquoi les mêmes personnes portent-elles une si grande part du ministère ? Pourquoi une nouvelle année très chargée laisse-t-elle l’Église presque au même point ?
Voilà le paradoxe d’une Église très active : beaucoup de choses peuvent se passer sans que suffisamment de choses changent.
Être très occupé n’est pas un échec, et les petits ministères ne sont pas automatiquement inefficaces. La prière, l’adoration, l’accompagnement pastoral, la formation de disciples, la communion fraternelle et le service ne peuvent pas être réduits à des chiffres de fréquentation. Mais les responsables ont tout de même la responsabilité de se demander si l’effort collectif de l’Église l’aide à accomplir sa mission.

Le défi n’est pas simplement de faire davantage de ministère. Il est de comprendre quels efforts font réellement avancer la mission.
La croissance ne se résume pas à une augmentation de la fréquentation du dimanche. Une Église avance lorsqu’elle atteint des personnes qu’elle n’atteignait pas auparavant ; lorsque les nouveaux venus créent des relations et restent ; lorsque des personnes passent de la présence à la participation et au service ; lorsque de nouveaux responsables sont formés ; et lorsque la capacité de ministère augmente.
Lorsque les progrès ralentissent, la réponse la plus facile consiste souvent à ajouter quelque chose : un autre événement, un autre programme, une autre réunion, une autre campagne.
Un meilleur point de départ peut être d’examiner ce qui consomme déjà l’énergie de l’Église.
Et si certaines activités restaient importantes mais avaient besoin d’une autre forme ? Et si des personnes précieuses et l’attention des responsables étaient concentrées dans des domaines qui produisent peu de mouvement ? Et si le plus grand besoin de l’Église n’était pas davantage d’activité, mais davantage de clarté sur ce qu’il faut renforcer, repenser ou laisser aller ?